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Les déficits d’exploitation à venir de l’atelier Gauguin

Un sujet d’inquiétude pour l’avenir.


Dans notre article du 2 mars dernier nous dénoncions les nombreuses contre-vérités que contient l’étude de faisabilité du centre Gauguin, notamment sur les couts d’investissements fantaisistes.


Les coûts de fonctionnement du pseudo musée sont aussi un vrai sujet de préoccupation majeur pour l’avenir de la trésorerie de notre commune. En page 47 de cette plaquette promotionnelle, il est indiqué que le déficit prévisionnel annuel serait de 66 155 €.

Reconnaissons que ce montant est d’une remarquable précision, comme l’était sans doute également celui de la construction, mais à plusieurs centaines de milliers d'euros près !


Pour évaluer la pertinence de cette évaluation, nous nous sommes intéressés aux résultats financiers des deux musées labelisés « musée De France » qui sont proches de nous, que sont celui de Pont Aven et celui de la Pêche à Concarneau


Ces résultats ne sont pas pour nous rassurer, bien au contraire. On constate en effet sur le tableau ci-dessous que les déficits annuels de ces deux structures sont très conséquents. (€)  



(Les recettes englobent la billetterie et les ventes diverses de souvenirs. Source Rapport d’activité des Musées de l’Agglomération de Concarneau. Voir lien HTTPS en fin d’article)


Sur cette période de 8 ans, le déficit annuel moyen à Pont Aven est proche du demi-million d’euros et celui de Concarneau de plus de 300 000 €. Nous avons cependant corrigé ces données brutes en enlevant les années 2020 et 2021 qui ne reflètent pas une activité normale du fait de la situation sanitaire exceptionnelle, engendrant une baisse drastique des fréquentations.


En opérant cette correction, le déficit moyen à Pont Aven est quand même de 398 000 € (et tout en conservant pourtant le « faible » déficit de 2015 compte tenu de la fermeture de plusieurs mois pour travaux) et celui de Concarneau est de 278 000 €. Il s’agit bien là de chiffres annuels, donc sur une mandature de 6 ans, on comprend les efforts financiers considérables que doivent assumer ces collectivités. Certes on pourra nous opposer qu’on ne peut comparer les données relatives au musée de Pont Aven, car sa surface d’exposition est actuellement de 1700 m2, mais avant les travaux d’agrandissement en 2015, celle-ci était de 850 m² et les pertes annuelles étaient déjà supérieures à 400 000 €.


 Le projet Cloharsien est d’une surface intérieure de 980 m², donc finalement comparable avec ce qu’était avant 2015, le musée de Pont Aven et comparable aussi à ce qu’est le musée Concarnois, car sa surface intérieure est de 1000 m².  N’oublions pas que l’office de tourisme de Concarneau indique une fréquentation annuelle moyenne de visiteurs dépassant le million de personnes, ce qui n’est pas le cas du Pouldu, loin de là.


Les pertes annoncées pour le projet Cloharsien sont de 66 000 € environ et apparaissent donc sans conteste très loin de la vérité. Dans un article du 12 Aout 2023, nous avions déjà questionné ce faible déficit affiché, en mettant en lumière celui du centre d’interprétation Van Gogh à St Remy de Provence qui atteint autour de 245 000 € de pertes annuelles, sachant que des œuvres originales y sont exposées. Ce musée nommé Estrine , a une surface intérieure de 931 m².


Ainsi que l'avait dit Mr Quernez Vice Président de la région Bretagne dans un article de Ouest France du 29 mars 2023, "la question muséale est une vraie question, mais il a pour ce genre de structures des déficits d'exploitation qui sont massifs". CQFD.


Les données réelles 2023 et celles du budget 2024, ne peuvent être encore publiées car non officielles pour l'instant, mais nous avons été informés que les déficits des deux musées Finistériens, s'aggravent de plus de 150 000 € chacun, par année, du fait de l'augmentation cumulée du point d'indice des personnels et des prix de l'énergie.


En calculant les ratios de pertes au m², tels qu'ils apparaissent ci-dessous, il est plus qu’évident que l’information donnée aux conseillers municipaux est une tentative de dissimulation du vrai montant des pertes probables, car le ratio du pseudomusée Cloharsien est 4 fois inférieur en moyenne aux autres structures. Et on pourrait trouver bien d'autres exemples. On a donc joué sciemment avec la vérité, mais la magie n'opère plus aujourd'hui...


 

Mais ce n'est pas tout.


 Un autre point de préoccupation que s’est bien gardé d'aborder notre maire et qui n’a rien à voir avec le niveau de fréquentation, est celui du renouvellement de la scénographie pour une approche future plus immersive des collections. Chaque projet de parcours permanent est singulier et mobilise une gamme de dispositifs différents pour atteindre les objectifs fixés par la maîtrise d’ouvrage. Néanmoins une scénographie a une durée de vie entre 5 et 6 ans ,car elle perd rapidement de son attractivité.


Toutes les structures existantes qui présentent déjà une scénographie, sont effectivement contraintes de la renouveler pour conserver un public, contrairement aux vrais musées qui font tourner leurs propres collections et aussi celles d’autres musées. Il faut intégrer que pour renouveler un parcours permanent plus immersif, c’est-à-dire mobilisant des dispositifs qui sollicitent à nouveau les sens des visiteurs (maquettes, design sonore, reconstitutions 3D, jeux interactifs, audiovisuel immersif, etc.), le ratio de renouvellement est de 1500 à 2000 € du m².


Il est inévitable que pour faire vivre cet « atelier du Pouldu », en plus des déficits importants et croissants qui vont s’accumuler, il y aura une nécessité de refondre sa scénographie et le coût sera de centaines de milliers d’euros, sinon ce centre culturel périclitera inexorablement.


Le but de cet article comme d’autres déjà publiés, vous le comprendrez, est de lutter contre la désinformation, pour ne pas employer d’autres termes bien plus accablants, menée par l’équipe municipale. Son objectif a été de présenter son projet tout en minimisant le plus possible les impacts à venir sur les finances de la commune et et donc aussi sur le niveau futur des impôts. Sous évaluation des couts de construction, sous évaluation des pertes, surévaluation des subventions, on peut en effet être très inquiet, car la réalité nous a déjà rattrapé et les projections financières 2024 2027données lors du conseil municipal du 14 mars 2024, sont d'un optimiste peu convainquant.

 


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